Si je ne m’étonne plus du culot journalistique depuis, disons, allez, la mort de Coluche, un évènement culturel a réussi à me sortir des quatre murs qui depuis longtemps déjà me séparent de la démocratique majorité de mes contemporains : l’accueil reservé à la sortie du film “Entre les murs”.
Ainsi, tandis qu’ André et Robert essaimaient l’actualité sur TF1, il était de bon ton que la culture cannesque s’élève de quelques marches pour susciter, chaque année, sa révolution des paillettes. Or, rien. Quelques voix se lèvent et dénoncent la manipulation politique, d’autres s’élèvent et énoncent le retour à la politique. Comme s’il nous fallait encore attendre les calendes grecques pour trouver dimension politique au spectacle !
Enfin, passons.
Quelques tarifs préférentiels affichés en salle des profs pour nous, misericordieux de banlieue, et le refus spectaculaire de mes collègues de cautionner la caricature (ça ne vous rappelle rien?), c’était plus qu’il n’en faut pour m’y rendre à plein tarif, seule, me faufilant entre les gobelets de maïs et les emballages de barres chocolatées urinés par tous ces parents bien intentionnés qui emmènent leurs petits à la quête d’un débat, à la manière d’André et de son compère, Robert.
Et là, un film qui nous assoit dans la salle de classe comme Antoine devait faire sentir ses jambons. Le respect des programmes, la mise en oeuvre d’une pédagogie plus qu’institutionnelle, des élèves, des parents, une société. Tout y est…normal.
Mes cons -t- encore un ressortent, les lèvres peinturlurées comme s’ils avaient léché l’écran de La Chocolaterie, et entre deux onomatopées de satisfaction gastrique, émettent un échange de ce que nos grecs n’auraient pas appelé une idée :
Alors, c’est comme ça dans ta classe ?
C’est ça ce que vous faites en classe ?
T’en as qui parlent pas français ?
Ils parlent comme ça les profs ?
Bin dis dont.
Ah non, je préfère
Pourtant, un fait continue de m’étonner. La dernière péripétie du film est déclenchée par un quiproquo entre les élèves et leur professeur de français à qui ils reprochent de les avoir insultés. Il tente alors de leur expliquer la nuance entre traiter une personne de pétasse, et lui reprocher « un comportement de pétasse ». Il est dans son rôle, dans sa discipline, dans sa responsabilité d’éducateur civique.
Et là, les élèves vont dénoncer ce qu’ils ne parviennent pas à comprendre autrement que comme une insulte. Ils apprennent et se trompent, rien que de très normal. Jusqu’à ce qu’un professionnel, et puis deux, atténuent la nuance et qu’abdique notre professeur devant sa hiérarchie. Il refuse alors, en dehors des murs de sa salle de classe, de persévérer dans l’exercice de son métier. A quoi bon, si tout autour il n’y a rien ?
Et je suis retournée entre mes murs.



































Comment c’est trop bien pensé et trop bien écrit !!!!!
hé hé hé
Oui, très bien écrit, sauf cette phrase: “Mes cons-t-encore un ressortent” ??? C’est du langage de banlieue? Pas compris…
Pour le reste, comme je n’ai pas vu le film, je me garde de toute considération, mais je discerne bien le malaise…
Non, pas de langage de banlieue…. je pense que c’est un jeu de mots sur “contemporains”…
Ah bon? Tu crois? Heu…