- Article de Libération.fr ( ce quotidien n’a jamais aussi bien porté son nom)
- Grève générale : 1 à 2,5 millions de manifestants, Sarkozy recevra les syndicats en février.
- A Lille : «Casse-toi, despote»
- On n’en voit pas le bout. Ils sont 25 à 26 000, annonce la police. Quand la manif lilloise est arrivée place de la République, plus de deux heures après son départ, la queue du peloton démarrait à peine.
- Braderie. Une sono chante «Dancing cheek to cheek». C’est pas joue contre joue, mais presque. Des bataillons de syndiqués, des mômes, même des bébés dans les kangourous. Un enfant, 10 ans à peine, gueule «Vive l’école publiiiiiique!». Son père… enseignant tient une pancarte : «Casse toi, despote». «Il n’y a pas que la crise. Notre président se comporte en monarque. Du style Napoléon-le-petit. C’est très grave».
- Oscar, Steven, Erwan, Anouk, Félix, Théo, Wim, des enfants de l’école Dondaines-Dupleix avec leurs pancartes : «Le Rased (1) sauve des enfants, ne l’assassinons pas». Ou «contre la braderie de l’éducation nationale». Ou «Moins de prof, plus d’échec» Marie, la mère de Léon, 8ans : «les enfants de CE1 sont restés une semaine entière sans remplaçante. On a beau harceler l’inspection d’académie au téléphone, ça ne bouge pas». Mathis, 8 ans, s’époumonne : «Sarko, gros barjot».
- «No week-end». Plus, loin, la manif n’avance pas, elle saute en rythme. C’est la Brigade des tubes, en orange et noir, avec batterie portative, trombones, tubas, qui met la patate sur «A night boat to Cairo», en accéléré. Fanny, étudiante en langues étrangères appliquées a collé une pancarte au dos de son blouson : «Obama said : “Yes we can” ; Sarkozy said : “No week-end”». Un militant Lutte ouvrière, drapeau à la main : «Patrons, banquiers, on paiera pas votre crise». Les cultureux sont là aussi, Culture Commune, la Drac, les salariés de l’Opéra brandissent une banderole très classe : juste NICOLAS en lettres noires, et le O porte deux diaboliques cornes rouges. Une dernière pancarte : «Casse pas mon service public, pov’ con.»
- Place de la République, la rue d’accès à la préfecture est barrée par des bus de police, équipés de boucliers de plexiglas. Les CRS sont prêts. 17h30, fin de manif, ça cartonne entre les anars et la maréchaussée déguisée en robocop. D’un côté, tomates pourries, de l’autre, lacrymos, matraques.
- Haydée Sabéran
- Photo Pascal Rossignol/Reuters
- (1) Réseau d’aide et de soutien aux élèves en difficulté


















































Formidable succès, donc! Bravo la France! Surtout ne laissez pas ceci sans suite! J’adore les slogans cités ici, excellents!
Oui, comme le dit cet enseignant, il n’y pas que la crise qui mobilise, mais aussi cette dictature de plus en plus présente.
Ce coup-ci, Sarko, si tu n’as pas remarqué celle-ci, c’est que tu n’as plus qu’une chose à faire: plier bagage et te casser de l’Elysée!