Nouvel épisode tragique d’une (ex-)république qui compte sur sa jeunesse. Lundi 18 décembre, à Vendres dans l’Hérault, les jeunes collégiens sont attendus à la descente du bus scolaire par des gendarmes et des maîtres-chiens. Ils sont alignés face au mur le temps d’une fouille aidée de chiens dréssés à la recherche de stupéfiants, comme le montre une photo prise par un parent d’élève choqué par l’opération (Daniel Guichard). Cette photo ne vous dis rien ? Regardez bien ! ça ne vous rappelle pas quelque chose ?
L’opération a été ordonnée suite à la demande de la principale du collège, autant dire que si elle aborde son rôle éducatif de cette manière, c’est qu’elle n’a rien à faire à cette place. La dimension psychologique d’adolescents en fragile mutation lui semble inconnue. Si elle n’a pas d’autorité, si elle n’est pas efficace dans la mission qui est la sienne, si donc elle est incompétente, qu’elle démissionne mais surtout qu’elle ne fasse pas porter aux enfants la responsabilité de cet échec. Résultat de la fouille généralisée : les gendarmes ont fait choux-blanc ! Bredouilles !
Deux petites réflexions face à cette nouvelle démonstration de force et de confiance de l’Etat :
- suite à la première descente dans une classe et au tollé médiatique qui a suivi, le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, avait dit que de telles actions ne devaient plus exister… Il n’aura fallu que quelques jours.
- quand assisterons nous à une descente dans une école non-publique, une école privée, qui plus est catholique que chérit tant notre ministre proche de l’Opus Dei ? Liberté, égalité, fraternité ?
Il semble donc qu’il n’y ait pas de changement de politique à attendre du gouvernement sur ce point, j’en appelle donc au bon sens de chacun, à ceux qui ont un projet d’avenir, pour eux ou pour leurs enfants en terminant par la reprise d’un commentaire du blog de la Mouette, inspiré de Robert Badinter et Martin Niemöller :
Les Droits de l’homme d’abord ça se défend pour les autres. Voici une histoire. Un homme raconte : « Les policiers nazis ont d’abord arrêté les communistes. Comme je n’étais pas communiste, je n’ai rien fait. Puis ils ont arrêté les socialistes. Je n’étais pas socialiste alors je n’ai pas bougé. Puis les syndicalistes. Je n’étais pas syndicaliste. Ensuite les Juifs, je n’étais pas juif et puis les protestants, je n’étais pas protestant, je n’ai toujours rien fait. Enfin, un jour, ils ont frappé à ma porte. J’ai cherché autour de moi de l’aide mais j’étais tout seul. »


















































Police= milice… Le pire, c’est que certains trouvent ça normal! Ils ont vécu en Chine?
Wi… c’est un truc de fou ça quand même.
Presque trois mois après la mort par suicide d’une enseignante de Massy dans l’Essonne, son mari a écrit au ministre de l’Education Nationale.
Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur le Recteur d’académie, Mr l’inspecteur
d’Académie
Je vous remercie des condoléances dont vous m’avez fait part après le suicide de ma femme
Muriel, institutrice spécialisée, qui s’est donné la mort dans l’après midi du 6 octobre dernier au
groupe scolaire Gambetta de Massy, son lieu de travail.
Je prends le temps de vous répondre, passé le premier choc, pour attirer cependant votre attention
sur plusieurs faits qui dans ces circonstances douloureuses ont témoigné de bien peu d’empathie, et
de respect des personnes.
Le corps de ma femme n’était pas encore au funérarium, que l’Inspecteur d’Académie convoquait
dans les locaux du groupe scolaire une réunion des enseignants, auxquels il enjoignait de n’évoquer
“que des problèmes personnels”, face aux questions que ne manquerait pas de susciter un tel
événement.
Dès le lendemain, 7 octobre, le Recteur d’Académie divulguait une information du dossier médical
de ma femme censé être confidentiel, trahissant ainsi le secret professionnel, au journal de 13h de
France 2 et sur RTL le même jour.
A cette entorse grave au secret professionnel, s’ajoutaient des informations totalement inexactes qui
tendaient de manière allusive à faire passer ma femme pour une dépressive chronique. Ainsi, la
moitié de son temps d’arrêt maladie en 2007 n’était pas dû à la dépression mais à une cause
médicale bien distincte.
Suite à cet arrêt de travail, ma femme a repris son poste en décembre 2007 juste avant les vacances
de Noël., et non à la rentrée 2008 comme l’a affirmé publiquement sa hiérarchie.
Ces mêmes interventions publiques et largement médiatisées ont en revanche bien peu fait mention
de la compétence et de la qualité du travail de ma femme, reconnues et saluées tant par ses
collègues que par les parents d’élèves.
Muriel était une femme passionnée par son travail, animée du souci permanent de bien faire et
d’une grande exigence professionnelle. Outre sa formation de professeur des écoles et sa formation
de rééducatrice, elle avait fait deux années d’études supérieures en lettres (hypôkhagne et khagne,)
puis obtenu sa licence de Lettres en Sorbonne. C’est dire que son engagement auprès des enfants
dans le cadre des Réseaux d’Aide Spécialisé aux Eléves en Difficulté était un choix personnel qui
correspondait à une motivation profonde.
Je peux témoigner, comme tout son entourage, qu’elle souffrait du manque de reconnaissance dont
pâtit particulièrement cette catégorie d’enseignants, et qu’elle évoquait souvent, la semaine
précédente, l’intention annoncée de supprimer des postes et de modifier profondément le
fonctionnement du RASED comme une source d’angoisse pour elle. Que cette intention, enfin,
allait totalement à l’encontre du développement de son travail en direction des enfants en
difficultés.
Personne ne saura ce qui a pu déclencher son acte de désespoir. Mais la façon expéditive et
réductrice qui a été utilisée pour parler de son acte n’a rien à voir avec le respect de la vérité ni de sa
personne.
Enfin, si le souci de filtrer l’information semble avoir été primordial pour sa hiérarchie, pourquoi
les détails de sa mort ont-ils été divulgués sur les ondes à des heures de grande écoute, sans tenir
compte des conséquences possibles pour mes enfants?
Cet ensemble de considérations m’amène à souhaiter le rétablissement public d’une certaine équité
dans la présentation de cette affaire, aussi ma réponse prendra-t-elle la forme d’une lettre ouverte
adressé à la presse
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Messieurs, l’expression de ma haute considération
Manque total de respect pour la défunte et ses proches! PLUS volonté de nuire, dans le but d’essayer de se dédouaner d’une certaine responsabilité? On pourrait le croire!…
[...] Vu en France : la police (deux véhicules et six fonctionnaires) vient interpeler deux élèves (de 6 ans et 10 ans) à la sortie de l’école, pour un vol de vélo qu’ils n’ont pas commis. Et ce n’est pas la première fois que la police se déplace à la sortie des classes ces derniers temps. (Lire la jeunesse en France 2). [...]