Voilà un titre que tout le monde a certainement déjà vu une bonne dizaine de fois, mais ce n’est qu’un début !
Muriel Fitoussi, journaliste, et Eddy Khaldi, enseignant et auteurs du livre « Main basse sur l’école publique », publié aux éditions Demopolis apportent des éléments de compréhension des réformes actuelles de l’Education Nationale par la mise en lumière de l’idéologie des franges les plus intégristes des catholiques ultra-libéraux.
Dans les grandes lignes, les groupes religieux les plus extrémistes veillent depuis quelques années à la fin de l’école laïque, gratuite et obligatoire, dans le but d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires. “Des mots d’ordre libéraux bon teint, en apparence, mais qui, en réalité, servent opportunément la vision cléricale de ces nouveaux croisés. Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise”.
Organisés en associations, ces groupes s’inscrivent dans la nébuleuse des idées d’extrême droite, du Front National, du Club de l’Horloge ou de l’OPus Dei. Leurs idées : « Suppression de la carte scolaire et sélection à l’entrée des établissements scolaires et universitaires » « Liberté totale de l’ouverture de classes, d’établissements, et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif par contrat privé »… Puis, à plus long terme, rien de moins que la « suppression progressive du budget de l’Education nationale et du statut des enseignants fonctionnaires »… ou encore, l’ « autonomie totale des établissements en matière de programme, de personnel et de contrôle des connaissances ? »
Parmi ces confréries, nous trouvons aussi “Créateurs d’écoles”, fondée en 1992, notamment par Maurice Quenet, l’actuel Recteur de Paris, Dominique Antoine, le Conseiller Education de Sarkozy, et … l’actuel Ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos ! “Le bulletin n°1 de Créateurs met en exergue un objectif, qui en dit long : « l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter » (…) « problèmes juridiques et financiers, rôle des collectivités locales », « gestion des personnels », « outils pédagogiques », « élèves, affectation, aide sociale », « programmes d’enseignement », « personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ».
Afin de « faire sauter » ces verrous, l’association préconise, non pas une révolution, mais une réforme de velours. « Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne nous faudra pas tomber dans le piège de la « réforme globale », mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possibles. (….) La solution réside sans doute dans la mise en œuvre de dispositifs dérogatoires, qui n’obligent pas à la remise en cause systématique de tout l’existant, mais qui permettent d’importantes innovations au niveau des établissements d’enseignement. » Un lent travail de déconstruction, pièce après pièce, de la maison Education. Un véritable projet de gouvernement”.
Le problème est donc que ces idées trouvent aujourd’hui un écho, et leur application, dans le gouvernement mais également auprès du Président de la République Française qui, rappelons le encore et encore a déclaré lors de son intronisation « chanoine honoraire » au Vatican : « Le besoin spirituel, l’espérance, ne sont pas satisfaits par l’idéal républicain. La République est une façon d’organiser l’univers temporel (…). Elle n’est pas la finalité de l’homme », d’où peut être ce sentiment de gestion présidentielle que nous pouvons ressentir. Ou encore : « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû ».
La théorie du complot serait-elle aussi démodée que la grève ?
Français, Française, vous l’avez compris ! Ce dessein n’est pas le mien, alors je m’interroge :
Qui a envie de vivre le rêve américain de G.W. Sarkozy ? Qui a envie de lire “Nous croyons en Dieu” sur ses billets de banque ? Qui a envie de voir la Genèse remplacer le Darwinisme dans les programmes scolaires ? Qui veut ce retour en arrière ?
Le blog des auteurs : Muriel Fitoussi et Eddy Khaldi « Main basse sur l’école publique » Ed. Demopolis



































……et l Eglise poursuit sa liaison avec l’Extrème droite……l’expression ” nos chères têtes blondes” commence à sentir le pourri.
Bigre! Voilà un complot qui apparaît bien réel, lui.
Retour à un enseignement du type d’avant guerre? Inégalités assurées!!
Il est clair que la séparation de l’Etat et de l’Eglise est de plus en plus remise en cause, et je ne comprends d’ailleurs pas que l’UE, dont la Constitution a pourtant clairement rejeté l’héritage chrétien, n’ait pas lancé d’avertissements au pouvoir français après des déclarations aussi menaçantes!
Mais n’oublions pas que même l’Union est gangrenée par certains politiciens, notamment dans des partis comme le PPE (Parti Populaire Européen, d’obédience majoritairement chrétienne), dont l’ancien président, Luc Vandenbrande, est un intégriste patenté, et accessoirement flamingant notoire.
Voir à ce sujet mon article sur le créationnisme (vous avez dit “crétinisme”?), écrit ici il y a quelques mois, et allez jeter un oeil sur Youtube pour voir les vidéos -si elles s’y trouvent encore- des commentaires du Président de la Commision européenne chargée d’enquêter sur le créationnisme en Europe. Inquiétant!
Pour ma part, j’en ai vraiment par dessus la tête d’entendre de plus en plus souvent que seules les valeurs religieuses sont dignes d’être suivies, que les valeurs laïques et/ou républicaines ne sont pas suffisantes à notre pensée de vie, que la spiritualité chrétienne est la seule voie possible et autres imbécillités du genre!! Au nom de quoi peut-on affirmer que les valeurs chrétiennes sont supérieures aux autres?? Et quand ils parlent d’”héritage civilisateur des religions”, alors qu’elles sont responsables des 3/4 des guerres et pogroms du passé, ça me ferait hurler de rire si ce n’était pas aussi dramatique!!
Oui, le passé nous a montré à maintes reprises la contagion d’une certaine Eglise (peut-être pas “L’Eglise” en entier) par la peste brune, et c’est malheureusement loin d’être fini.