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Une photo - Une histoire

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Stefano Bonazzi

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le journalisme et la police en France

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Vendredi 28 Novembre 2008, Vittorio de Filippis, membre du journal Libération est interpellé “manu-militari”, à l’aube , à son domicile. Menotté dans le dos, devant ses enfants de 10 et 14 ans, sans connaître le motif de son interpellation et sans pouvoir téléphoner. Puis déshabillé et fouillé au corps à deux reprises.

Voici la raison: Une plainte pour diffamation déposée par Xavier Niel, fondateur de Free ( fournisseur d’accès internet). Car le site internet de “libé”, a publié une réaction d’un internaute, en réponse à un  article de Renaud Lecadre, relatant les démélés judiciaires de Monsieur Niel.

N’ayant pas répondu aux convocations de la juge, Monsieur de Filippis a “obligé” celle ci a déposé  un mandat d’amener. Celui ci ayant “obligé” les forces de l’ordre à l’attacher, à le fouiller, voire même l’insulter.

Depuis les réactions sont vives. Lisez plutôt: Le porte parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre: ” le traitement subi, dans le cadre d’une affaire de délit de presse non passible de prison, paraît irréaliste.”Jack Lang: ” J’ai honte pour notre pays. Ces situations sont révoltantes et répugnantes.”Reporters sans frontières, rappelle que la France “détient le triste record européen du nombre de convocations judiciaires, mises en examen, et placements en garde à vue de  journalistes.”Le syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion a demandé à  Rachida Dati de “réaffirmer publiquement que la détention n’existe plus dans les délits de presse.”Celle ci a préféré déclarer au Sénat, lundi 1 décembre 2008, que la procédure était “tout à fait régulière”, car quand ” un citoyen ne défère pas aux convocations , on lui envoie un mandat d’amener.”

Pour conclure, je cite Monsieur Serge Portelli, vice président du tribunal de grande instance de Paris: “Nous sommes face à une politique débridée d’utilisation intensive des méthodes de coercition à la disposition de l’ Etat ( garde à vue, rétention, prison…). Cette idéologie consternante de l’enfermement ( on en est à proposer d’emprisonner des enfants de 12 ans) appelle une réaction citoyenne. On peut toujours réagir au cas par cas, sur telle affaire, telle loi, ou tel décret. Le mieux serait de se demander globalement si cette idéologie est compatible avec le fonctionnement normal d’une démocratie.”

Cela fait froid dans le dos non??

One Response to “le journalisme et la police en France”

  1. avatar Manu dit :

    Effrayant!! Méthodes dignes d’un état totalitaire! On en a parlé chez nous aussi.
    Pour vous montrer que la justice/police belge ne vaut pas mieux, voici une histoire qui me touche directement, car elle est arrivée à mon frère, il y a quelques années:

    A la suite d’un accident de voiture (dans lequel il était d’ailleurs en droit) à Bruxelles, la police a voulu lui faire un alcool-test. Mon frère n’avait pourtant rien bu.
    Mais ces idiots n’avaient plus d’appareil pour faire le test. Ils ont donc voulu l’emmener au poste, loin de là. Mais comme l’accident s’était produit à 1h du matin et que mon frangin habitait provisoirement chez moi à la campagne, s’il n’attendait pas le dépanneur qui devait lui apporter une voiture en prêt, il ne pourrait pas rentrer. Les flics n’en ont eu cure. Protestations de mon frère.
    Arrivée au poste et reprotestations de mon frangin.
    Et là, ces abrutis se sont précipités à 5 sur lui et l’ont copieusement tabassé, jeté contré un mur puis mis en cabane pour la nuit!!
    Mon frère, blessé, demande au médecin de la police qui devait lui faire une prise de sang pour sa soi-disant alcoolémie s’il ne pourrait pas l’examiner.
    Réaction du médecin: il préfère s’en aller sans avoir rien fait du tout.
    Finalement on accepte de le conduire à l’hôpital. Verdict: vertèbres écrasées + contusions.
    De retour au poste, on lui confisque le rapport du médecin de l’hôpital.
    Finalement libéré, et après être retourné à l’hôpital demander un autre rapport, il porte plainte au comité P (police des polices) qui classera l’affaire sans suite.. Le juge du tribunal de police chez qui mon frère a aussi porté plainte jugera, malgré le rapport médical de l’hôpital “qu’il n’ y a pas matière à poursuite”!
    Mais l’histoire ne s’arrête pas là…
    Quelques mois plus tard, il reçoit un courrier du tribunal (je ne sais plus lequel), dans lequel on lui signifie sa condamnation à 4000€ d’amende et 6 mois de retrait de permis! Les flics fautifs, à la suite de sa plainte au comité P, ont réagi, soutenu vraisemblablement par leur hiérarchie, en portant plainte contre lui.
    Il n’a pourtant jamais reçu de convocation. La justice prétend lui en avoir envoyée une. Soi-disant une erreur d’adresse, mais pour lui signifier sa condamnation, là, comme par hasard, l’adresse est bonne.
    Mon frangin va en appel. Audience remise plusieurs fois, mensonges des flics dans leur rapport (ils ne se sont jamais présentés au tribunal malgré les convocations), et surtout du médecin de la police qui prétend que mon frère était saoul comme toute la Pologne!
    Finalement, à la suite du témoignage favorable des policiers présents sur les lieux de l’accident (qui ne sont pas ceux qui l’ont tabassé), il est relaxé “au bénéfice du doute”!!
    Mon frère aurait bien voulu porter l’affaire au civil, mais cela coûte beaucoup d’argent, et à présent le délai est dépassé.
    Résultats: Problèmes de dos récurrents, policiers jamais condamnés et en collusion avec la justice!!
    Ce genre de chose est loin d’être isolée chez nous: on en parle régulièrement dans les journaux.
    La Belgique, Etat de droit??
    Ce déni de démocratie est de plus en plus courant, et je me demande comment seront la Belgique et la France (je ne sais comment cela se passe dans les autres pays) dans 10 ans!

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